L’enquête.

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L’enquête.

Message par Didier le Jeu 23 Mar - 23:32

Enquête sur l'insaisissable dépeceur de Mons
Ismaël D.
Introduction:
Le 22 mars 1997, vers midi, l'agent de police « Olivier Motte » patrouille à cheval.
Il regagne Mons pour surveiller les rues du piétonnier et y chasser les pickpockets.
A hauteur de la rue « Emile Vandervelde », à Cuesmes, le policier a l'attention attirée par plusieurs
sacs-poubelle soigneusement fermés, jetés dans le bas-fossé. Des chats s'affairent autour du
monticule de plastique. Son sang ne fait qu'un tour lorsqu'il voit, au milieu des fourrés, une main
d'une blancheur extrême. Aussitôt, le policier a alerté les autorités de garde ce week-end là.
Dès le début de l'après-midi, sept sacs étaient retrouvés. Ils étaient situés à sept mètres en contrebas
de la rue « Emile Vandervelde », à Cuesmes, non loin de la ligne de chemin de fer « Paris-
Bruxelles ». Vers 17 heures, un huitième sac était retrouvé, accroché dans un arbre,
vraisemblablement après avoir été jeté depuis la rue.
Les contenus, uniquement des membres supérieurs et inférieurs, étaient tous des restes de trois
cadavres de femmes blanches, découpés avec un outil sciant ou un outil tranchant.
Ce week-end là éclatait l'affaire du « Dépeceur de Mons ».
Chapitre 1 : les victimes :
1) Carmelina Russo, 45 ans, a disparu le 4 janvier 1996.
Son bassin sera découvert le 21 janvier 1996, à « Château-l'Abbaye », dans le nord de la France.
Seul le bassin de Carmelina sera retrouvé.
2) Martine Bohn, 40 ans, a disparu le 20 juillet 1996.
Son tronc sera découvert le 25 juillet 1996, dans la rivière « La Haine », à hauteur du « Quai Sud»,
à Mons. Ses membres seront retrouvés à la rue « Emile Vandervelde », à Cuesmes, le 22 mars 1997.
Sa tête ne sera jamais retrouvée.
3) Jacqueline Leclercq, 33 ans, a disparu le 22 décembre 1996.
Ses membres seront retrouvés à la rue « Emile Vandervelde », à Cuesmes, le 22 mars 1997.
Seuls les 4 membres de Jacqueline seront retrouvés.
4) Nathalie Godart, 21 ans, a disparu le 16 mars 1997.
Son tronc sera découvert le 24 mars 1997, dans un virage, situé à l' « Avenue des Bassins », à Mons.
Le 12 avril 1997, à la « Rue du Dépôt », à Havré, on découvrira son pied, son avant-jambe et sa
tête. Le 18 avril 1997, à la « Rue de Saint-Symphorien », à Havré, on découvrira sa cuisse, sa main
et le bras non-découpé, ainsi que son avant-bras.
5) Begonia Valencia, 38 ans, a disparu dans le courant du mois de juillet 1997.
Son crâne sera découvert le 18 octobre 1997, dans un verger situé « Chemin de Bethléem », à
Hyon. Des fouilles supplémentaires seront effectuées au « Chemin de Bethléem », du 27 avril au 4
mai 1998, elles permettront de retrouver une dizaine de dents, ainsi que sept vertèbres cervicales
appartenant à Begonia.
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Re: L’enquête.

Message par Didier le Jeu 23 Mar - 23:34

Autres victimes avec le même modus operandi :
- Liliane Sek, 37 ans, était artiste-peintre.
Elle fréquentait les bars de Charleroi et les milieux de la drogue .
Sa tête ainsi que sa jambe droite avaient étés retrouvés par des chasseurs en novembre 1993, dans le
« Bois de Cachelon », situé à Yves-Gomezée, le long d'un talus de chemin de fer de la ligne Couvin-
Charleroi.
Il était manifeste que les membres avaient été jetés depuis une passerelle qui enjambe la voie ferrée
dans ce bois.
Par ailleurs, la jambe et la tête ne portaient aucune trace de coups et ces membres avaient été
nettement sectionnés.
- Non loin de là, le cadavre d'une autre femme fut jeté d'une voiture, le long d'une voie ferrée à
Florennes. Des témoins auraient alors décrit le conducteur du véhicule comme un homme de
cinquante ans, aux cheveux gris.
- Le 6 juillet 1994, un corps dépecé a été découvert dans la partie hollandaise de la réserve
naturelle du « Zwin », à « Retranchement ».
Les différents morceaux du corps étaient enveloppés du papier journal « La Dernière Heure ».
Il manquait au corps de cette dame de 25 / 28ans, les doigts et la tête.
- Dimanche 21 décembre 1997, une jeune femme a été agressée par un individu qui faisait allusion
au « Dépeceur de Mons ». Les faits se sont déroulés sur l' « Avenue de l'université », à Mons, non
loin de la porte du parc, vers 07h00. La victime s'appelait Kari…
- En mars 2002, un habitant découvre un fémur humain, ainsi que des fragments osseux, dans un
jardin situé à « Jolimetz », près de la «Forêt de Mormal», dans le nord de la France.
- A la mi-mars 2003, Jérémie Ketels, un archéologue de 25 ans, a découvert sur sa propriété située
« Rue de la Chapelle », à Buvignies, dans le nord de la France, un crâne humain, emballé dans un
sac plastique à l'effigie des boucheries belges « Renmans ».
Ce crâne n'a jamais été analysé!!!
- Ce qui me semble troublant, c'est que parmi les victimes du dépeceur, quatre d'entre-elles
ont séjourné au centre psychiatrique « Le Chêne aux Haies », situé au « Chemin du Chêne aux
Haies », 24 à Mons.
On peut ajouter la disparition d'une tournaisienne, « Martine Van Krickenborn ».
Cette dame, âgée de 45 ans, a disparu de l'institut psychiatrique « Les Marronniers », à Tournai, où
elle était hébergée dans l'aile « Les Frênes ».
Le 2 février 1998, dans l'après-midi, Martine a visité deux bistrots du centre-ville puis, elle a pris un
taxi pour se rendre vers la clinique « La Dorcas ».
C'est là qu'on perd sa trace...
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Re: L’enquête.

Message par Didier le Jeu 23 Mar - 23:34

Chapitre 2 : chronologie des faits :
- Jeudi 4 janvier 1996 : vers 18h00, disparition de Carmelina Russo.
- Dimanche 21 janvier 1996 : découverte du bassin de Carmelina Russo dans l' « Escaut »,
à « Château-l'Abbaye », dans le nord de la France.
- Samedi 20 juillet 1996 : disparition de Martine Bohn.
- Jeudi 25 juillet 1996 : vers 17h40, un passant qui promenait son chien à hauteur du « Quai sud »,
à Mons, découvre un tronc dans la rivière « La Haine », à proximité de l' « Avenue de Jemappes ».
Tête, bras, jambes et mamelons avaient été sectionnés avec précision.
- Jeudi 10 octobre 1996 : le tronc repêché dans la rivière « La Haine » le 25 juillet 1996 est
formellement identifié comme étant celui de Martine Bohn.
- Dimanche 22 décembre 1996 : disparition de Jacqueline Leclercq.
- Dimanche 16 mars 1997 : disparition de Nathalie Godart.
- Samedi 22 mars 1997 : découverte de huit sacs-poubelle contenant des restes humains,
à la rue « Emile Vandervelde », à Cuesmes.
Dans ces sacs, les enquêteurs ont retrouvé des mains, des poignets, des cuisses, des jambes, trois
bras, deux épaules et trois pieds.
Aucun tronc et aucune tête n'avaient été retrouvés ce jour-là.
- Dimanche 23 mars 1997 : découverte d'un neuvième sac-poubelle, toujours à la rue
« Emile Vandervelde », à Cuesmes.
Ce sac contenait uniquement des membres humains.
- Lundi 24 mars 1997 : un dixième sac-poubelle est retrouvé, dans un virage, situé « Avenue des
Bassins », à Mons, à proximité du commissariat de la police judiciaire de Mons.
C'est un un chauffeur routier qui a fait la dixième découverte : il devait être 10 heures quand ce
dernier a eu l'attention attirée par un sac-poubelle (acheté dans une grande surface), déposé dans
l'herbe, à un mètre du bord asphalté. Ce sac contenait le tronc de Nathalie Godart.
Les enquêteurs avaient constaté que l'herbe sous le sac n'avait pas souffert, ce qui attestait d'un
dépôt remontant à quelques heures avant sa découverte...
- Mardi 1 e r avril 1997 : des fragments appartenant à Martine Bohn sont formellement identifiés.
- Samedi 12 avril 1997 : vers 13h30, deux sacs-poubelle sont découverts à la « Rue du Dépôt »,
à Havré. Une passante, Brigitte Lambrechts, a vu au bord de la route, un os dépassant d'un sacpoubelle.
Aussitôt, elle a prévenu la police qui découvrira quelques heures plus tard un autre sacpoubelle.
Le premier sac contenait un pied et une avant-jambe découpée entre le bas du genou et le
haut de la cheville, ce morceau de membre était en état de décomposition avancé.
Le second sac contenait la tête de Nathalie Godart, elle aussi en état de décomposition avancé.
Les sacs étaient à l'effigie du magasin « Delhaize ».
- Vendredi 18 avril 1997 : des ouvriers communaux découvrent trois sacs-poubelle dans un fossé
situé « Rue de Saint-Symphorien », à Havré, au quartier dit « La Poudrière ».
Les deux premiers sacs contenaient une cuisse. Le troisième sac contenait deux fragments humains,
à savoir, une main et le bras non-découpé et un avant-bras.
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Re: L’enquête.

Message par Didier le Jeu 23 Mar - 23:35

Les découpes étaient plus « propres » pour certains membres que pour d'autres.
- Mercredi 23 avril 1997 : la diffusion du portrait-robot de la tête, retrouvée à Havré, a permis
d'identifier formellement Nathalie Godart.
- Mardi 10 juin 1997 : Jacqueline Leclercq est formellement identifiée.
- Vendredi 18 juillet 1997 : les experts médico-légaux français identifient le bassin retrouvé à
« Château-l'Abbaye » comme étant celui de Carmelina Russo.
- Samedi 18 octobre 1997 : dans l'après-midi, des enfants découvrent, par hasard, le crâne de
Begonia Valencia dans un verger situé « Chemin de Bethléem », à Hyon.
Ce verger est bordé par la rivière « La Trouille ».
- Vendredi 19 décembre 1997 : les analyses génétiques complémentaires, réalisées à l'institut
médico-légal de Liège, confirment que le bassin découvert à « Château-l'Abbaye », le 21 janvier
1996, appartient bien à Carmelina Russo.
- Lundi 27 avril au 4 mai 1998 : toujours dans ce même verger de Hyon, des fouilles
supplémentaires permettront de découvrir une dizaine de dents, ainsi que 7 vertèbres cervicales
appartenant à Begonia Valencia.
- Vendredi 22 mai 1998 : Begonia Valencia est formellement identifiée.
Chapitre 3 : des lieux de dépôts aux noms évocateurs :
- La rivière « La Haine », à Mons.
- « Rue Emile Vandervelde », à Cuesmes : Emile Vandervelde, ministre belge, auteur en 1919,
de la loi interdisant l'alcoolisme.
- « Avenue des Bassins », à Mons, à proximité de la rivière « La Haine » et non loin du
commissariat de police judiciaire de Mons.
- « Rue du Dépôt », à Havré, à proximité de la rivière « La Haine ».
- « Rue de Saint-Symphorien », à Havré au quartier dit « La Poudrière ».
« Saint-Symphorien » est un martyr chrétien, mort décapité au IIe siècle après JC.
- « Chemin de Bethléem », à Hyon, à proximité de la rivière « La Trouille ».
Les noms des rues ne semblaient pas avoir été choisis au hasard.
En effet, outre une signification symboliquement chargée, ils accentuaient le malaise ambiant et
donnaient encore plus de « force » aux actes du tueur en créant une véritable « psychose aux sacspoubelle
».
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Re: L’enquête.

Message par Didier le Jeu 23 Mar - 23:36

Chapitre 4 : intéressons nous d'un peu plus près aux sacs-poubelle :
Les sacs-poubelle étaient en vente dans une solderie située à la «Rue des Capucins» , au
numéro 72, à Mons, entre la mi-octobre 1996 et la mi-décembre 1996.
Le propriétaire du magasin affirmait avoir acheté à un grossiste un lot de 200 paquets, comprenant
chacun 20 sacs-poubelle. Les sacs étaient vendus au prix de 89 fb le paquet de 20 pièces. Ils étaient
produits par la société « Jemaco », à « Herent », près de « Louvain ». Ce lot de 200 paquets était
destiné à la commune de « Knokke-Heist » mais il avait été refusé suite à une mauvaise qualité de
l'encre d'impression. Ces sacs auraient dû être détruits par la société « Jemaco » mais ils se sont
retrouvés sur le circuit parallèle. Peut-être que d'autres sacs ont été mis en circulation dans d'autres
points de vente qui ne voudront pas tous se faire connaître.
D'après les experts en marketing, soit c'est un habitant du quartier, soit c'est une personne de
passage. Si le tueur habite le quartier, son domicile se situe probablement dans un rayon de
500 mètres, à partir de la zone de chalandise.
Etant donné que le tueur a acheté ces sacs dans une solderie, c'est un indicateur de la probable
situation économique dans laquelle il évolue.
Parmi les sacs retrouvés, cinq étaient à l'effigie de la commune de « Knokke-Heist », les
autres, gris foncés, étaient à l'effigie des magasins « Delhaize ». Le tueur a aussi utilisé des
sacs « chopper », ces sacs blancs, que l'on trouve aux caisses des supermarchés.
Aucun marquage n'a été retrouvé sur ces sacs : ils n'étaient pas numérotés, comme le sont
généralement les sacs poubelles noirs ou gris. Les enquêteurs étaient donc dans l'impossibilité de
déterminer la provenance de ces sacs.
Des éboueurs montois ont été interrogés par la cellule « Corpus », ces derniers ont affirmé avoir
emporté avant le 22 mars 1997, des sacs qui « puaient ».
Donc, il n'est pas exclu que certains morceaux de corps des victimes aient été évacués
« accidentellement »…
En tout, 38 morceaux de cadavres ont été collectés, répartis dans 15 sacs-poubelle.
Ce qui est étonnant, c'est que les sacs-poubelle sont fabriqués en « polyéthylène » pur, une
matière qui retient bien les empreintes digitales.
On peut donc supposer que le tueur ait laissé ses empreintes en achetant ou en manipulant
ces sacs…
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Re: L’enquête.

Message par Didier le Jeu 23 Mar - 23:36

Chapitre 5 : le profil psychologique du tueur :
Je pense qu'il devait être âgé de minimum une quarantaine d'années au moment des faits.
D'après le criminologue français, spécialiste des tueurs en série, Stéphane Bourgoin : « Le dépeçage
n'est pas le crime de quelqu'un de très jeune, c'est le crime de quelqu'un qui a un certain sang froid,
qui est déjà organisé, qui ne souffre pas d'antécédents psychiatriques car on peut avoir des
dépeçages commis par des psychotiques ou fous mais dans ce cas précis, ils sont trop désorganisés,
ils vont commettre un dépeçage et généralement se faire arrêter par la suite ».
Il est intelligent, méthodique, minutieux, maniaque, très sûr de lui, habitué à la vue du sang.
Lors des dépôts de sacs, le tueur s'est illustré par sa discrétion, il n'y a aucun témoin oculaire.
De plus, il a dissimulé les parties corporelles de ses victimes en un lieu où seul un cavalier haut
perché pouvait le voir.
D'après Stéphane Bourgoin : « Ce n'est pas facile du tout de découper un corps, parce qu'il y a des
os, des muscles, des tendons, qu'il faut savoir trancher. Or, les découpes sont précises, il n'y a pas de
bavures, d'os qui sont cassés… ».
L'autopsie des restes des victimes, réalisée à l'institut médico-légal de Liège, avait révélé une
extrême précision des incisions, laissant croire à l'implication d'un professionnel.
Pour s'en convaincre, le juge d'instruction Pilette s'était même fait expliquer les techniques de
découpes par le président d'une fédération bouchère : le tueur avait d'abord soigneusement découpé
les chairs avec un outil très tranchant qui pouvait bien être un scalpel ensuite, les os ont été séparés
à la scie manuelle.
Le tueur a découpé tous les corps précisément mais pas comme l'aurait fait un boucher ou un
médecin, en profitant de la fragilité des articulations. De plus, sur le fémur de Carmelina
Russo, le tueur a réalisé « trois essais » avant d'obtenir le plan de coupe qui lui « convenait ».
Donc, les découpes étaient « propres », mais on ne peut en aucun cas certifier que le tueur ait
des compétences ou des connaissances professionnelles.
Les membres des victimes ont été répartis de manière « équilibrée » dans chaque sac, comme des
« colis de boucherie… ». De plus, le tueur a noué tous les sacs à leur partie supérieure et aussi
découpé proprement le bout de plastique qui dépassait du noeud de chaque sac.
C'est bien la preuve qu'on a à faire à un maniaque.
C'est un pervers : le tueur a découpé les mamelons de Martine Bohn, cette « signature
criminelle » est révélatrice d'une rare perversité.
Il est déterminé, il s'est acharné à découper tous les corps de ses victimes. De plus, le tueur n'a pas
hésité a découper le bassin de Carmelina Russo. D'après les experts, lorsqu'un tueur veut se
débarrasser d'un cadavre en le découpant, il sépare le plus souvent les membres du tronc, mais ne
prend que très rarement la peine de dissocier le bassin...
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Re: L’enquête.

Message par Didier le Jeu 23 Mar - 23:37

Il a des connaissances sur les enquêtes policières : il n'y a pas de scène de crime, pas d'arme, pas de
témoins... De plus, tous les fragments humains étaient entièrement dénudés et dépourvus de tout
indice matériel tel que vêtements, bijoux… Il faut savoir que beaucoup de tueurs en série sont
« fascinés » par la police, cela fait partie de leur profil psychologique. Il y a différentes raison à
cela : d'une part, parce qu'ils aiment traiter avec eux, mais également parce que cela peut leur
permettre de suivre l'avancement de l'enquête et de savoir s'ils parlent d'eux. C'est très « stimulant »
pour eux…
Ajoutons que sa technique de découpe laisse entrevoir un individu intelligent et prévoyant : le tronc
de Nathalie Godart avait été découpé au ras du cou donc, en privant les experts de la partie
corporelle qui a reçu le coup fatal, ces derniers étaient dans l'impossibilité de déterminer si la
victime avait été étranglée. En effet, lorsque la tête et le cou sont manquants, cela complique
l'autopsie : « Est-ce que la victime a été étranglée ? », « A-t-elle reçu un coup à la tête ? ». Ce sont
des zones où les causes de décès sont les plus fréquentes. De plus, les enquêteurs ont retrouvé
seulement deux têtes, le tueur sait probablement que grâce aux cheveux et à la dentition, cette
partie du corps humain est plus facilement identifiable : les cheveux, grâce à l'analyse génétique et
la dentition, grâce aux archives conservées par les dentistes.
Le tueur a un rapport de force avec ses victimes, ces dernières étaient fragiles et vulnérables, on
peut donc déduire que c'est un « dominateur ».
Il croit avoir acquis une « puissance » et un « pouvoir » que sa vie professionnelle ou familiale lui
refuse depuis toujours, c'est probablement un frustré.
Ce sont des actes mûrement réfléchis : il a certainement mis beaucoup de temps à élaborer sa
« stratégie ». Ajoutons qu'il n'est pas possible, pour qui que ce soit, de décider facilement d'exécuter
quelqu'un, sans y être « conditionné »...
« Le conditionnement » consiste pour le futur tueur à se « préparer psychologiquement » afin
qu'au moment de passer à l'acte, il n'ait pas de remords qui remettraient tous ses plans en question.
Un conditionnement psychique « normal » prend plusieurs mois. L'esprit du tueur doit, pendant
cette période, évacuer toute alternative au meurtre : le tueur sera prêt quand son esprit croira qu'il
n'existe pas d'autre alternative...
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Re: L’enquête.

Message par Didier le Jeu 23 Mar - 23:37

Il conserve probablement une farde avec tous les articles qui traitent de son « affaire » et enregistre
tous les reportages télévisés afin de pouvoir revivre ses « exploits » ultérieurement étant donné qu'il
s'est débarrassé de toutes les parties corporelles de ses victimes.
Il est audacieux, en effet, en disposant des sacs-poubelle au sein même du dispositif policier
déployé à l'occasion de la découverte des premiers sacs macabres, il a sans doute voulu défier les
enquêteurs et se découvrir, sur les écrans de télévision, dans les journaux, à la radio, des qualités
d'intelligence qu'il n'a peut-être pas nécessairement.
Le tueur maîtrise parfaitement la langue : il fait passer son message subtilement grâce à
la toponymie des lieux et se livre aussi d'un point de vue psychologique : « Avenue des Bassins »,
« Rue du Dépôt », rivière « La Haine », « Chemin de Bethléem », rivière « La Trouille »...
Il a une grande faculté d'adaptation : au début, il emballait les restes de ses victimes dans des sacspoubelle,
avant de les éparpiller. Par contre, pour sa dernière victime, le tueur a opté pour des
moyens de camouflages différents : après avoir tué Begonia Valencia, il a coupé sa tête, qu'il a
abandonnée, non-emballée, dans un verger isolé de Hyon.
Encore d'après Stéphane Bourgoin : « L'immense majorité des dépeçages a une fonction « utilitaire
». Ceux qui commettent de tels actes, outre les collectionneurs, ont comme soucis principal de ne
pas se faire prendre ».
Une étude du FBI révèle que les dépeceurs sont, pour la plupart, des personnes de petite
constitution, incapables d'évacuer les cadavres de leurs victimes parce qu'ils n'ont pas la force
physique nécessaire pour les transporter.
Toujours d'après Stéphane Bourgoin : « Les serial-killers ne tuent pas au hasard, ils choisissent leurs
victimes en fonction de leur physique, milieux social, lieux fréquentés en commun… ».
Bien souvent, ils choisissent leurs victimes pour régler leurs comptes avec un passé « torturé »...
En effet, pour éprouver une telle hostilité envers la gente féminine, le tueur a probablement dû subir
un « élément » dans son passé qui affecte profondément son esprit. Probablement que sa « haine du
monde » date de son enfance et son désir de « vengeance » se manifeste sous forme de sadisme
envers les femmes. Il faut savoir qu'en général, l'enfant s'accroche à ses « fantasmes violents » et, à
l'adolescence, un élément sexuel vient s'y ajouter. Il développe donc des fantasmes sexuels dans
lesquels il voit l'autre comme un objet plutôt que comme un partenaire, il peut faire « quelque chose
» à quelqu'un, pas avec quelqu'un…
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Re: L’enquête.

Message par Didier le Jeu 23 Mar - 23:38

D'après les experts, un « tueur né », cela n'existe pas, nous naissons tous avec nos points forts et nos
points faibles, que ce soit au niveau physique, mental ou émotionnel, certaines personnes sont
capables de gérer ce qu'il leur arrive et d'autres pas.
De plus, il y a des facteurs génétiques et biologiques, des facteurs sociologiques et
psychologiques très complexes qui interagissent entre eux donc, si on veut un jour traiter et
annihiler ce genre de comportement, il faut traiter le sujet à tous ces niveaux...
Le dépeceur de Mons semble en tout cas présenter une certaine « organisation mentale » car en
affichant en lettres rouges de 30 cm de haut, les mots : « La Mort » , sur la route, le long du talus,
situé à la rue « Emile Vandervelde », à Cuesmes, il a fait preuve d'une audace exceptionnelle qui
indiquait qu'il souhaitait que les morceaux de corps soient retrouvés. Son audace le profilait dans le
pire scénario d'un tueur en série décidé à en découdre avec les forces de l'ordre, et probablement de
se repaître de l'effet médiatique produit par son « jeu de piste sanglant »...
D'après les experts, le serial-killer est dans plus de 90 % des cas, un tueur « organisé », ce que l'on
appelle aussi un « psychopathe ». Le psychopathe est un être asocial ou sociopathe, qui n'a aucune
conscience, aucun remord, aucune compassion pour ses victimes. Pour lui, la victime n'est qu'un
« objet » destiné à assouvir son propre plaisir, son propre désir de « puissance». Il vit sa perversité
criminelle en poursuivant une vie professionnelle et familiale quasi normales et ne prend aucun
risque qui permettrait de le démasquer...
Chapitre 6 : le profil géographique du tueur :
Il devait probablement habiter la région mais il était dans l'impossibilité de garder bien longtemps
les restes de ses victimes car malgré les patrouilles de police, il prenait le risque d'abandonner
de nouveaux sacs. Ultime provocation, le tueur s'est introduit au sein même du dispositif policier
déployé à l'occasion de la découverte des premiers sacs macabres.
Ces noms de rues évocateurs sont des signes qu'il connaissait bien les lieux et la région.
Il est intéressant de noter qu'au moment des faits, la circulation pouvait se faire directement depuis
la « Rue Emile Vandervelde », à Cuesmes, au « Chemin de l'Inquiétude », à Mons, en passant près
de la place de Cuesmes, via la « Rue du Chemin de Fer », la « Route d'Eugies » et l' « Avenue de
Jemappes ». Plus tard, ce ne fut plus le cas avec l'apparition du Thalys en gare de Mons : la
« Route d'Eugies » et la « Rue du Chemin de Fer » sont devenues des culs de sac…
De plus, le tueur a abandonné la tête de Begonia Valencia dans un verger isolé de Hyon , qu'un
étranger à la région ne connaîtrait probablement pas.
On peut donc supposer qu'il ne doit pas habiter à proximité immédiate de la « Rue Emile
Vandervelde », à Cuesmes, car il y a une « zone tampon » dans laquelle on est quasiment certain
que le tueur ne peut résider au risque de se faire prendre rapidement.
Des analyses comportementales ont prouvé que les serial-killers ont une prédisposition à commettre
leurs crimes près de chez eux, mais pas trop près non plus.
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Re: L’enquête.

Message par Didier le Jeu 23 Mar - 23:38

Ainsi, en général, plus on s'éloigne du lieu du crime, plus la probabilité qu'il s'agisse de la zone de
résidence du criminel diminue.
Sa « cachette » se situait à la rue « Emile Vandervelde », à Cuesmes. En y accumulant huit
sacs-poubelle, le tueur a voulu jouer avec « sa chance » en revenant à plusieurs reprises dans
« son cimetière » et narguer ainsi les forces de l'ordre.
Il a jeté le bassin de Carmelina Russo et le tronc de Martine Bohn dans la rivière « La Haine »,
à Mons. Le bassin de Carmelina Russo a dérivé jusqu'à « Chateau-l'Abbaye », dans le nord de la
France. Par contre, le tronc de Martine Bohn est resté à Mons car c'était l'été, et le niveau du cours
d'eau était plus bas. En ce qui concerne le tronc de Nathalie Godart, qui pesait tout de même 40 Kg,
ce dernier a été abandonné dans un virage situé « Avenue des Bassins », à Mons, non loin de la
rivière « La Haine». Il n'a pas été jeté dans « La Haine » comme pour Carmelina et Martine.
Peut-être que le tueur n'a pas eu le temps nécessaire, ou alors, il a été surpris par des passants et
a pris peur, ou bien, il n'avait pas la force physique nécessaire…
Le tueur a donc choisi Cuesmes pour « stocker » les membres de ses victimes, et Mons pour se
débarrasser des plus grosses parties corporelles...
Chapitre 7 : hypothèses :
J'émets l'hypothèse que le tueur avait un travail, en effet :
- Carmelina Russo a disparu le jeudi 4 janvier 1996, après les fêtes de fin d'année
- Martine Bohn a disparu le samedi 20 juillet 1996, la veille de la Fête Nationale
- Jacqueline Leclercq a disparu le dimanche 22 décembre 1996, avant les fêtes de Noël
- Nathalie Godart a disparu le dimanche 16 mars 1997, après avoir participé à la « Marche
Blanche»
- Begonia Valencia a disparu dans le courant du mois de juillet 1997, soit un an après Martine Bohn
Donc, il se mettait « en chasse » le week-end et peut-être pendant « ses congés ».
J'émets l'hypothèse que le tueur disposait d'un local isolé afin d'effectuer sa macabre besogne.
J'émets l'hypothèse que le tueur était motorisé : il possédait une voiture ou une camionnette afin
d'évacuer les sacs-poubelle.
J'émets l'hypothèse que le tueur était « lié » au quartier de la « Rue Léopold II », à Mons.
Soit,
- il résidait dans ce quartier
- il travaillait dans ce quartier
- il fréquentait assidûment ce quartier pour ses nombreux cafés
En effet, il faut savoir que toutes les victimes fréquentaient le café-hôtel « Le Métropole »,
situé « Rue Léopold II » , 20 à Mons.
Ensuite, la carte bancaire de Jacqueline Leclercq a été utilisée à deux reprises, le soir de sa
disparition, dans un bancontact d'une agence « Fortis », située « Place Louise », 1 à Mons.
Cette rue se situe à proximité immédiate de la « Rue Léopold II », à Mons.
Le bâtiment a été reconverti en commissariat de police.
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Re: L’enquête.

Message par Didier le Jeu 23 Mar - 23:39

De plus, Nathalie Godart et Léopold Bogaert habitaient dans un appartement situé « Rue Léopold
II » , à Mons. Le jour de la disparition de Nathalie, son petit ami Léopold, était parti acheter à
manger dans une friterie toute proche.
Nathalie a disparu pendant ce court laps de temps.
Pour terminer, le tueur a acheté ses sacs-poubelles dans une solderie située : « Rue des Capucins »,
72 à Mons.
Cette rue se situe non loin de la « Rue Léopold II », à Mons.
J'émets l'hypothèse que le tueur a étranglé ses victimes.
Tout d'abord, les enquêteurs ont retrouvé seulement deux têtes : ces dernières ne présentaient pas
de traumatisme contondant, pas de fracture, marque sur les os qui indiquent une blessure par arme
blanche ou par balle, on peut donc éliminer les pistes les plus évidentes.
Ensuite, le tronc de Nathalie Godart avait été découpé au ras du cou. Donc, en privant les experts
médico-légaux de la partie corporelle qui a reçu le cou fatal, ces derniers étaient dans l'impossibilité
de déterminer si la victime avait été étranglée…
Il faut savoir que bien souvent chez les personnes étranglées ou ayant subi un traumatisme
contondant à la gorge, « l'os hyoïde », situé au niveau du cou, est fracturé.
De plus, quand les yeux sont injectés de sang, c'est révélateur de ce qu'il s'est passé.
En effet, autour des yeux, dans la paroi oculaire et à l'intérieur des paupières, on peut
observer des petites hémorragies connues sous le nom d'« hémorragies pétéchiales », ce qui
accrédite la thèse d'une mort par suffocation.
Une hémorragie pétéchiale est un « petit point rouge », qui est un signe important d'asphyxie
causée par une cause extérieure ayant obstruée les voies respiratoires. Leur présence indique
souvent une mort par étranglement, étouffement ou pendaison. Ces hémorragies surviennent
quand le sang fuit des petits capillaires des yeux, qui peuvent se rompre à cause de la pression
qui augmente dans les veines de la tête dû à l'obstruction des voies aériennes.
S'il y a des hémorragies pétéchiales et une congestion faciale, c'est une forte indication
d'asphyxie par strangulation.
Enfin, dans son livre intitulé « Au plus près du mal », Frédérique Balland mentionne :
« Nathalie Godart avait les dents roses », c'est le signe d'une mort par étouffement.
Ce phénomène des « dents roses » est dû à un afflux d'hémoglobine au niveau du collet de la dent,
autrement dit, la pulpe dentaire. Cela indique une mort par strangulation avec une valeur
presque absolue. Toutefois, de manière un peu moins absolue qu'avant, il faut le dire, des
médecins-légistes ont parfois constaté l'apparition de « dents roses » alors que la personne était
décédée d'une autre manière que par la strangulation.
Le séjour sous terre peut aussi être à l'origine du phénomène des dents roses.
Frédérique Balland ajoute : « Les victimes du Dépeceur de Mons ont été tuées à l'aide d'un sac
en plastique.
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Re: L’enquête.

Message par Didier le Jeu 23 Mar - 23:40

Il faut savoir que Frédérique Balland a travaillé comme « profileuse », pendant plus de dix ans, au
sein de la prestigieuse brigade criminelle du « 36, Quai des Orfèvres », à Paris.
Elle a été formée en Belgique à l'analyse criminelle opérationnelle, à l'aide du logiciel « Anacrim ».
Il y a d'autres points qui me semblent importants :
Premier point :
- Le 4 janvier 1996, vers 18 heures, Carmelina Russo sortait du GB de Jemappes, après avoir fait
quelques emplettes.
C'est là qu'on perd sa trace…
- Quelques jours avant sa disparition, Nathalie Godart avait fait des courses dans un commerce de
Jemappes.
Serait-ce une coïncidence?
- La nuit du lundi 24 au mardi 25 novembre 1997, le snack « Le Monico » a été complètement
détruit par un incendie.
Nathalie Godart avait travaillé quelques semaines au « Monico », avant de tomber dans la
misère.
Le snack était situé à la « Rue Léopold II » , 9 à Mons.
Troublante coïncidence...
Deuxième point :
- Carmelina Russo habitait dans un logement social, situé « Allée des Mélèzes », à Havré-Mons.
- Martine Bohn habitait aussi dans un logement social situé « Allée des Pinsons », 1 à Mons,
avant de déménager dans une chambre du luxueux hôtel « Le Lido », à Mons.
Cet hôtel se situe non loin de la gare de Mons.
- Jacqueline Leclercq travaillait comme femme de ménage pour le CPAS de Mons.
- Begonia Valencia était bénéficiaire du CPAS.
Toutes les victimes étaient liées au CPAS soit, en tant que bénéficiaires, pour le logement, le
travail...
Il y a matière à creuser…
Troisième point :
Avant que ne débute l'affaire, le tueur faisait preuve d'une grande discrétion lors de ses dépôts
macabres. Par contre, lorsque les premiers sacs seront découverts, il prendra beaucoup de risques.
Pourquoi ?
- Voulait-il qu'ils soient découverts rapidement afin de se repaître devant l'effet médiatique produit
par son « jeu de piste sanglant » ?
- A-t-il pris peur ?
- A-t-il quitté la Belgique ? Ce qui pourrait expliquer cette prise de risques : il était sûr de ne pas se
faire prendre.
- Il n'est pas exclu qu'un événement indépendant de sa volonté comme un déménagement, un
divorce... ait pu le contraindre à évacuer ses « trophées »...
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Re: L’enquête.

Message par Didier le Jeu 23 Mar - 23:41

Quatrième point :
Les tueurs en série ne s'arrêtent jamais de tuer: ces derniers expliquent toujours que
« quelque chose en eux les pousse à tuer », « ils se sentent obligés de tuer », c'est comme si
l'angoisse de ne pas mener ce geste à bien pouvait les détruire, les réduire en miettes… or, la
série de crimes s'arrête brusquement en juillet 1997.
Pourquoi ?
Soit,
- Il est empêché : prison, psychiatrie…
- Il a trouvé une certaine stabilité psychologique, familiale, professionnelle…
- Il est mort et cette affaire restera pour toujours une énigme.
Chapitre 8 : victimologie :
Les victimes étaient fragilisées par la vie, certaines d'entre elles étaient esseulées, en rupture
familiale et sociale, dépressives…
Entre 1990 et 1995, quatre d'entre elles ont séjourné au centre psychiatrique « Le Chêne aux
Haies », situé à Mons soit , pour hospitalisation soit, en consultation. Cette information fut
révélée par une infirmière travaillant au centre psychiatrique. Or, les enquêteurs n'ont pas
mené d'investigations au-delà de l'année 1996...
Toutes les victimes fréquentaient le café-hôtel « Le Métropole », situé « Rue Léopold II », au
numéro 20, à proximité de la gare de Mons.
La première victime, Carmelina Russo, était la plus méfiante. De plus, son profil ne correspond pas
du tout à celui des quatre autres. Un peu comme si le tueur avait frappé au hasard la première fois
avant d'apprendre à mieux connaître ses prochaines victimes : peu d'attaches, une dérive sociale fort
apparente… Autant d'éléments qui laissaient penser que leur disparition provoquerait un minimum
de remue ménage. En effet, deux disparitions n'ont pas été signalées à la police, à savoir, la
disparition de Martine Bohn et la disparition de Nathalie Godart, ce qui a compliqué la tâche
d'identification...
De plus, les victimes prenaient souvent le taxi pour éviter de circuler seules la nuit car elles étaient
très méfiantes et ne suivaient pas les inconnus.
Il faut savoir que les chauffeurs de taxi connaissent très bien le nom des rues et le plan d'une ville.
De plus, les chauffeurs de taxi, de bus, ne sont jamais contrôlés, ce qui leur laisse un sentiment
d'impunité, pex : l'affaire des « Faux chauffeurs de taxi », qui ont commis au moins 29 viols en
deux ans. Les faits se sont déroulés au « Bois de la Cambre », à Bruxelles.
Les victimes suivaient probablement facilement leur bourreau qui doit les mettre facilement en
confiance : il peut prendre un air « sympathique » et inspirer « la confiance », comme beaucoup de
tueurs en série, il parvient à masquer sa folie…
Le jour de sa disparition, Martine Bohn était invitée à dîner chez des amis et l'autopsie de Nathalie
Godart avait révélé que son dernier repas était un plat de couscous.
J'ai l'impression qu'il invitait ses victimes à dîner avant de les tuer.
Cela accrédite l'hypothèse que les victimes connaissaient leur bourreau.
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Re: L’enquête.

Message par Didier le Jeu 23 Mar - 23:41

Chapitre 9 : enquête sur les victimes :
1) Carmelina Russo :
Carmelina Russo est née le 25 mars 1951, elle avait 45 ans, était veuve, mère de trois enfants, deux
filles et un garçon, tous majeurs. Elle habitait dans un logement social situé « Allée des Mélèzes »,
au « Domaine d'Epinlieu », situé à Havré-Mons.
Veuve depuis peu, Carmelina était dépressive depuis qu'elle avait perdu son époux « Jean-Pierre
Paulain ».
Carmelina était démonstratrice dans des grands magasins, elle proposait aussi à la vente de la
lingerie féminine à des gens qu'elle connaissait ou qu'elle abordait dans des cafés de la gare de
Mons. Contrairement à ce qui a été dit, Carmelina ne menait pas une vie dissolue. En effet,
Carmelina fr équentait les bars de Mons pour son travail, mais elle ne buvait jamais une
goutte d'alcool et jamais elle ne serait montée dans une voiture conduite par un inconnu !
Il lui arrivait toutefois de vendre des sous-vêtements à des prostituées du quartier de la gare de
Mons. De plus, elle était dévouée envers ses vieux parents, qu'elle entourait de toute son affection.
Ils seront placés après sa disparition et décéderont rapidement. Ceci prouve qu'elle n'était pas en
rupture familiale. En effet, dès qu'elle a disparu, ses proches se sont inquiétés, sa famille avait
signalé sa disparition à la police dès le (9 ou 11) janvier 1996.
Par contre, plusieurs éléments vont venir polluer l'enquête et les enquêteurs vont perdre beaucoup
de temps : « Des témoins ont cru l'avoir aperçue à la gare de Mons, on savait qu'elle avait prévu de
partir en Espagne… ».
Bref, malgré qu'elle n'ait pas d'argent sur elle, qu'elle ne soit pas habillée pour sortir et même
qu'elle ait laissé son gsm et sa voiture à son ami, on ne travaille pas assez vite l'hypothèse d'un
crime !!!
Le 4 janvier 1996, Carmelina a rendu visite à son fils, incarcéré à la prison de Mons, elle a quitté ce
dernier vers 15h30 et lui avait promis de lui téléphoner en soirée. Vers 18 heures, elle sortait du
« GB de Jemappes », après avoir fait quelques emplettes.
C'est là que sa trace se perd...
Les enquêteurs ont entendus 150 personnes au « GB de Jemappes », soit le dernier endroit où on l'a
aperçue vivante. De plus, tous les chauffeurs du « TEC », qui sont passés sur la ligne 17, (cette ligne
relie Mons-Thieu-Maurage-Havré), entre 1992 et 1996, ont été interrogés.
C'est un promeneur qui a fait la macabre découverte, le 21 janvier 1996, sur une berge de l'Escaut à
« Château-l'Abbaye », dans le nord de la France. Il venait de trouver un bassin découpé au niveau
du nombril et auquel tenaient encore les deux fémurs.
Le tueur s'est sans doute servi d'une scie à métaux pour découper le corps car sur un fémur,
les experts médico-légaux ont relevé trois entailles différentes.
Donc, le tueur a réalisé sur l'os trois « essais », avant d'obtenir le plan de coupe qui lui convenait.
Le 27 janvier 1996, la gendarmerie se présente chez « Carine Russo », la fille de Carmelina, afin de
lui signaler la découverte d'un bassin humain, à « Château-l'Abbaye », dans le nord de la France.
Il faudra attendre un an et demi pour avoir confirmation qu'il s'agit bien de Carmelina Russo.
De plus, l'avis de disparition de Carmelina sera diffusé en mars 1996 alors qu'elle était signalée
disparue depuis le (09 ou le 11) janvier 1996...
Seul le bassin de Carmelina sera retrouvé.
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Re: L’enquête.

Message par Didier le Jeu 23 Mar - 23:41

2) Martine Bohn :
Martine est née le 1er juillet 1956, à Paris, elle avait 40 ans.
Martine était française, originaire d'Angers.
Elle était domiciliée dans un appartement situé « Allée des Pinsons », 1 à Mons.
Elle avait quitté sa région natale très jeune afin de travailler dans « les bars » du nord de la France.
En 1972, elle émigre en Belgique afin de travailler comme « entraîneuse » dans les bars situés à la
« Rue des Juifs », à Mons.
En 1982, défigurée suite à un accident de voiture, elle met un terme à sa profession d'entraîneuse.
En 1996, Martine est indemnisée de 4.000.000 Fb, ce qui lui permettra de quitter son logement situé
« Allée des Pinsons », 1 à Mons pour aller s'installer dans une chambre du luxueux hôtel
« Le Lido » situé « Rue des Arbalestriers », 112 à Mons.
Elle avait eu par le passé des problèmes d'alcool et de drogue, ce qui lui avait valu plusieurs séjours
au centre psychiatrique « Le Chêne aux Haies », à Mons, en 1986, 1989, 1992 et 1993.
Le 20 juillet 1996, elle s'est rendue chez son coiffeur et ami « Edouard Campus » (Salon Edouard,
passage du centre, 10 à Mons), c'était sa dernière cliente, elle a quitté le salon vers 19h00.
Apparemment, elle était invitée à dîner chez des amis…
Elle disparaîtra la nuit du 20 juillet 1996 de l'hôtel « Le Lido », où elle avait abandonné toutes ses
affaires.
Le 25 juillet 1996, le tronc de Martine est retrouvé dans la rivière « La Haine », à hauteur du
« Quai Sud », à Mons. Ce dernier avait été amputé des mamelons et des membres avec une grande
précision. Le tronc de Martine présentait une cicatrice entre les seins qui attestait d'une
intervention chirurgicale récente. Cependant, son ex-concubin, avec qui elle vécut durant trois
ans et demi, révéla qu'il ignorait totalement pourquoi le tueur l'avait mutilée au point de lui ôter le
bout des seins : elle n'y avait à sa connaissance, aucun signe distinctif, ni touage, ni cicatrice…
Il faut savoir que ce dernier avait mis un terme à leur relation 18 mois auparavant.
Martine a certainement subit cette intervention chirurgicale durant cet intervalle de temps.
Ses membres seront retrouvés à la « Rue Emile Vandervelde », à Cuesmes, le 22 mars 1997.
Par contre, sa tête ne sera jamais retrouvée..
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Message par Didier le Jeu 23 Mar - 23:42

3) Jacqueline Leclercq :
Jacqueline Leclercq est née le 10 septembre 1963, elle avait 33 ans, était divorcée, mère de quatre
enfants.
Jacqueline était originaire de Cuesmes.
Elle habitait dans un appartement situé « Rue Malapert », 3 à Mons.
Mariée très jeune, elle connaîtra une séparation douloureuse. Jacqueline supportait mal de ne plus
voir qu'épisodiquement ses quatre enfants.
Après son travail de femme de ménage, il lui arrivait d'aller boire un verre pour se détendre, dans
l'un ou l'autre café de la gare de Mons, mais aussi, afin de briser son désarroi sentimental.
Elle émargeait au CPAS, où elle suivait une formation de réinsertion sociale en tant que nettoyeuse.
Elle se rendait souvent dans un lavoir automatique de Mons afin de pouvoir laver son linge.
Elle allait souvent manger dans une friterie située « Rue Léopold II », 15 à Mons, en face du caféhôtel
« Le Métropole ».
Sa soeur Georgette l'a déposée devant chez elle le soir du 22 décembre 1996, vers 20 heures,
elle a attendu que Jacqueline passe la porte avant de partir. Georgette ne reverra plus jamais sa
petite soeur. Pourtant, les deux soeurs devaient se retrouver pour fêter Noël ensemble...
Sa soeur Georgette avait signalé sa disparition à la police dès le 3 janvier 1997.
Le jour de sa disparition, Jacqueline portait un long manteau noir, un tee-shirt rouge et un jean.
Elle portait un tatouage sur l'avant bras gauche, à l'effigie de son ex-mari « Angelo », ce qui
correspond à la marque que le tueur a voulu effacer, en grattant une zone ronde de ± 5 cm de
diamètre. Le tueur n'avait pas réussi à effacer complètement ce tatouage car il n'avait pas assez
gratté. Cette « erreur » permettra d'identifier Jacqueline Leclercq.
Dans la nuit du 22 au 23 décembre 1996, nuit de sa disparition, sa carte bancaire fut utilisée à deux
reprises dans un bancontact de l'agence « Fortis », située « Place Louise », 1 à Mons, non loin de la
gare. Les codes utilisés n'étaient pas ceux de Jacqueline mais la caméra de surveillance, en panne,
ne permit pas d'identifier l'utilisateur de cette carte...
Mercredi 19 novembre 1997, l'émission de la RTBF « Appel à Témoins », avait diffusé en primeur
absolue, le portrait-robot d'un homme de 35 ans, mesurant un mètre septante, cheveux et yeux
foncés, teint « sale ou basané ». Sans doute une connaissance de Jacqueline car, de septembre à
décembre 1996, il s'est présenté chez elle à plusieurs reprises.
Seuls les quatre membres de Jacqueline seront retrouvés...
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Re: L’enquête.

Message par Didier le Jeu 23 Mar - 23:42

4) Nathalie Godart :
Nathalie, 21 ans, était divorcée, mère d'une petite fille.
Elle était originaire de Pâturages, dans l'entité de Colfontaine.
Mariée très jeune, elle avait donné le jour à une petite fille (que son mari n'a jamais regardée), avant
de se séparer de son mari. Par la suite, à cause de son alcoolisme, Nathalie a perdu la garde de
l'enfant, alors âgé de deux ans et demi. L'enfant sera placé dans un home situé à Mons.
Cette séparation acheva de désemparer la jeune femme qui hantera le quartier de la gare de Mons et
deviendra sans domicile fixe. Cependant, au moment des faits, elle habitait avec son petit-ami
Léopold Bogaert, dans un appartement situé à la « Rue Léopold II », à Mons.
Voici son signalement : Nathalie avait les cheveux châtain moyen, mi-longs et ondulés, elle avait
aussi des reflets blonds dorés à la périphérie.
Un an avant sa disparition, Nathalie avait fait la connaissance d'un jeune homme originaire de
Jemappes. Celui-ci et ses parents ont accueilli Nathalie chez eux, « Rue Général Leman », à
Jemappes. Elle quittera son compagnon six mois plus tard et choisira de vivre dans la rue, du côté
de la gare de Mons. De temps en temps, elle venait dire un petit bonjour à Jemappes où son excompagnon
et ses parents la voyaient péricliter.
Le 12 mars 1997, elle est encore venue à Jemappes, où elle avait été prise d'un malaise en rue,
des passants avaient appelé une ambulance, mais elle avait refusé l'hospitalisation.
Elle avait fait des courses dans un commerce où on l'avait vue métamorphosée, le visage « bouffi »,
par l'alcool.
C'est la dernière fois qu'on l'a vue à Jemappes...
Nathalie traînait souvent à la gare de Mons, près de la consigne. Elle se livrait à la mendicité autour
de la gare de Mons. Elle réclamait sans cesse un verre à boire, une cigarette, elle était prête à tout
pour cela, y compris à grimper dans les voitures d'inconnus…
Dans les bistrots du quartier de la gare de Mons, elle harcelait les clients. A la longue, elle était
devenue indésirable dans plus d'un établissement. Léopold en avait marre, il l'a giflée plus d'une
fois. Les tenanciers de bistrots savaient bien à quel point Nathalie pouvait être battue par Léopold
mais la pauvre fille recevait des claques d'autres personnes aussi...
Nathalie avait rencontré Léopold Bogaert le 13 décembre 1996. Ils s'étaient mis en ménage
ensemble et partageaient leur existence dans un petit appartement situé « Rue Léopold II »,
à proximité de la gare de Mons. D'autres sans-abris les avaient suivis.
Début mars 1997, Léopold est incarcéré cinq jours suite à un vol de boîtes de conserve. La brouille
est au coeur du couple qu'il forme avec Nathalie. De plus, une dispute avait donné à la jeune femme
l'idée de se séparer de lui...
Léopold est libéré le 14 mars 1997, il se bagarre avec un de ses amis d'infortune, « Gaëtan ».
Ce dernier reçoit un coup de poing, il s'en sort avec une lèvre fendue. Gaëtan lui lance : « Je me
vengerai ». Le 16 mars 1997, le calme semble revenu et tous les compères se retrouvent dans
l'appartement. Nathalie et Léopold participent à la « Marche Blanche » de Mons. En fin d'aprèsmidi,
Léopold se rend dans une friterie toute proche, il commande deux paquets de frites, l'un pour
lui, l'autre pour Nathalie, tous les deux surmontés d'une sauce andalouse piquante.
A son retour, Nathalie n'était plus là, d'autres amis avaient aussi quittés les lieux.
La jeune femme avait emporté un sac dans lequel se trouvaient des effets personnels de Léopold,
notamment, une chemise de grosse toile verte à carreaux bleus que lui avait offerte sa tante
à l'occasion de son anniversaire, quelques semaines plus tôt.
Léopold ne reverra plus jamais Nathalie…
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Re: L’enquête.

Message par Didier le Jeu 23 Mar - 23:43

Cinq jours plus tard, Gaëtan, accompagné de trois acolytes, viendra tabasser Léopold.
Au cours de l'été 1997, Léopold aperçoit Gaëtan dans les rues de Mons. Il porte une chemise de
grosse toile verte. Léopold sursaute, « Ne serait-ce pas sa chemise ? ».
Et si Gaëtan la porte, il doit l'avoir prise dans le sac que Nathalie avait emporté.
Gaëtan ne peut fournir d'explications à Léopold : « La chemise, je ne sais pas si je l'ai reçue ou
si je l'ai achetée, je ne m'en souviens plus… »
Le juge d'instruction Pilette fit saisir la fameuse chemise portée par Gaëtan.
Les enquêteurs ont tenté de retrouver Gaëtan afin qu'il s'explique sur la provenance de cette chemise
mais ce dernier demeura introuvable.
Il avait quitté les quartiers qu'il fréquentait lorsque les policiers sont venus saisir « sa chemise… ».
Il faut savoir que Gaëtan exerçait, avant de tomber dans la rue, la profession de « bouchercharcutier-
abatteur » mais, d'après les enquêteurs, son caractère ainsi que sa personnalité, ne
correspondent pas avec le profil du dépeceur...
Mais, il sait peut-être ce qui est arrivé à Nathalie après son départ de l'appartement?
Il sait peut-être aussi avec qui la jeune femme a mangé un couscous avant de mourir, comme l'a
révélé le bol alimentaire, lors de l'autopsie…
Des confrontations seront organisées, Franco, Ismaël et d'autres copains de la gare confirment que
Nathalie les a bien quittés le 16 mars 1997, après 17 heures. Mais d'après l'examen des larves
d'insectes retrouvées sur son cadavre, on pouvait préciser la date et l'heure de sa mort : « Le 16
mars 1997 à 16h00… »
Notons que tous les morceaux de cadavres avaient été envoyés à l'institut médico-légal de
l'université de Liège, situé « Rue Dos-Fanchon », où sous la direction du professeur « Ravache »,
des scientifiques les examinaient ensuite, ils établissaient des fiches d'identité chromosomique.
De plus, l'institut s'était adjoint l'aide d'un entomologiste de réputation mondiale à savoir, le
professeur « Marcel Leclercq ». Ce spécialiste des insectes pouvait précisément aider les médecins
-légistes à dater les morts en examinant les larves déposées par les mouches. En effet, les cadavres
attirent les insectes en « escouades » successives dans un ordre précis, allant de quelques minutes
après le décès, à plusieurs années après. Selon la présence d'une population d'insectes ou d'une
autre, les experts peuvent dès lors évaluer assez précisément le temps qui s'est écoulé depuis le
décès.
La tête de Nathalie avait été découpée au bas de la boîte crânienne, en oblique, selon la ligne
que suivrait un casque de moto. De plus, étant donné que la tête avait été découpée à ras de cou,
les experts étaient dans l'impossibilité de déterminer à l'autopsie si la victime avait été tuée par
strangulation.
Les examens médico-légaux ont révélé que le tronc de Nathalie Godart présentait des indices d'une
relation sexuelle. L'information du journal « La Dernière Heure » avait été confirmée
officieusement dans le milieu de l'enquête.
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Re: L’enquête.

Message par Didier le Jeu 23 Mar - 23:43

Probablement que Nathalie a entretenu une relation sexuelle avec le tueur peu avant sa mort.
On peut ajouter que le tronc de Nathalie Godart avait été scié d'une manière comparable au tronc de
Martine Bohn mais aussi, côté inférieur, pratiquement au même endroit, c'est à dire, environ à
hauteur du maillot.
Aucune victime, mis à part Nathalie Godart, n'a été entièrement reconstituée.
Détail navrant : son corps fut reconstitué mais il manquait un pied...
Ce qui acheva de l'identifier : un bridge qui remplaçait ses incisives supérieures.
En effet, suite à un accident de la route, Nathalie portait une prothèse dentaire.
5) Begonia Valencia :
Begonia est née le 16 février 1959, elle avait 38 ans, était mariée depuis 17 ans et avait une fille de
quinze ans, prénommée « Soizic ».
Begonia était domiciliée à la « Rue de Grande-Bretagne », 136 à Frameries.
Begonia a séjourné à plusieurs reprises au centre psychiatrique « Le Chêne aux Haies », à Mons,
car, elle souffrait d'une « phobie de persécution ».
Un mois avant sa disparition, elle ne pesait plus que 36 kilos.
Sa voisine l'avait vue, en juillet 1997, ramper devant chez elle.
Sa fille avait été recueillie par son oncle maternel, « Luis Valencia », alors qu'elle était encore bébé.
Ce dernier était domicilié à la « Rue des Combattants », 45 à Cuesmes.
Luis Valencia, qui est le frère aîné de Begonia, déclara : « Ma soeur a commencé à dérailler
un an avant son mariage ». Son père, « José-Miguel Valencia », ajouta : « Begonia ne voulait plus
aller à l'école car elle n'arrivait pas à suivre… elle a commencé a déprimer, à un tel point qu'elle a
dû être soignée à « Leuze », à l'institut psychiatrique « Saint-Jean de Dieu ». C'est là qu'elle
rencontra son futur mari, « Raymond Gonzalez ».
Au moment des faits, ce dernier était soigné depuis trois mois à l'hôpital psychiatrique « Le Chêne
aux Haies», à Mons.
Begonia avait l'habitude de se rendre à pied à Cuesmes, où vivaient ses parents. Elle « errait »
souvent à pied entre Frameries et Cuesmes. Il lui arrivait parfois de rentrer chez elle en bus, qu'elle
attendait à la gare de Mons.
Voici son signalement : cheveux châtains mi-longs, yeux foncés, taille : 1 mètre 55, poids : 36 Kg.
Begonia souffrait d'une grave dermatose : elle avait le visage recouvert de pustules et de croûtes.
Le jour de sa disparition, elle portait un k-way bleu foncé, un bermuda vert, des chaussettes
norvégiennes de teinte grise et des bottes.
Elle disparaîtra de son domicile dans le courant du mois de juillet 1997.
C'est le 12 août 1997, que la famille de Begonia, inquiète de ne plus la voir depuis trois semaines
environ, a signalé sa disparition à la police.
Le CPAS de Frameries avait remarqué qu'elle n'avait pas touché son chèque, début juillet 1997...
Des recherches seront entreprises le 11 septembre 1997, « Rue de Grande-Bretagne », entre
Frameries et Cuesmes. Ces recherches étaient orientées par le récent témoignage du pompiste d'une
station « Texaco », auquel Begonia se serait adressé en juillet 1997.
Le samedi 18 octobre 1997, dans l'après-midi, des enfants découvriront, par hasard, le crâne de
Begonia, pourvu d'une seule dent, dans un verger situé « Chemin de Bethléem », au pied du
« Mont-Panisel », à Hyon. Cette parcelle de terrain relie Hyon et Spiennes, de plus, elle est bordée
par la rivière « La Trouille ».
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Re: L’enquête.

Message par Didier le Jeu 23 Mar - 23:44

Encore une coïncidence…
Sur le crâne, les médecins légistes n'ont retrouvé ni morceau de chair, ni cheveux. Peut-être que le
tueur l'avait nettoyé avant de l'abandonner…
Des fouilles supplémentaires seront effectuées au « Chemin de Bethléem », du 27 avril au
4 mai 1998. Sur place, l'archéologue Martine Soumoy, guidait le travail des enquêteurs et des
hommes de terrain. Les fouilles s'étendaient sur une surface de 25 mètres carrés et sur une
profondeur de 80 cm, la terre fut découpée en « carrés », transportée dans des grands tamis,
nettoyée. Ensuite, il fallait trier les débris de verre, les cailloux et les racines pour voir s'il n'était pas
possible d'encore repérer des ossements humains. C'est ainsi que les enquêteurs retrouveront sept
vertèbres cervicales dont une avait été sciée en deux à l'aide d'une scie manuelle, une dizaine de
dents, ainsi que des fragments d'os qui leur avaient échappé en octobre 1997...
Chapitre 10 : les suspects :
Plus de 1600 pistes ont été suivies en vain.
Parmi toutes ces pistes, on peut citer :
1) Léopold Bogaert :
Ce marginal de 33 ans, au faciès « dur » et aux nombreux tatouages, se faisait appeler « Le gitan »,
dans le quartier de la gare de Mons. Il était le dernier petit ami de Nathalie Godart.
« Le gitan » avait disparu après la découverte des premiers sacs macabres...
Il sera retrouvé dans un camp de ferrailleurs, dans le campement de « Mornimont », le long de la
nationale N90, situé à Jemeppe-sur-Sambre. De plus, il avait changé son apparence : il s'était coupé
les cheveux, rasé le bouc et avait brûlé des vêtements de Nathalie.
Pour terminer, son blouson portait des traces de sang…
L'enquête permettra de déterminer que Léopold était retourné dans sa famille, au petit matin du
22 avril 1997, après avoir été blessé au crâne et à l'oeil lors d'une violente bagarre survenue à Mons.
De plus, le sang retrouvé sur ce blouson, lui appartenait : c'est le blouson qu'il portait le jour de la
bagarre.
Concernant les vêtements brûlés : ils étaient dans sa caravane depuis des mois, mais exposés à
l'humidité due à une infiltration d'eau dans l'habitacle, les vêtements avaient moisi.
Des analyses génétiques l'innocenteront totalement.
Il sera inculpé et libéré 17 jours plus tard.
2) La piste américaine :
Les enquêteurs ont également interrogé la base du « Shape » (quartier général des forces alliées en
Europe), située à Casteau, histoire de savoir si l'un des militaires muté en 1997 n'avait pas été
contraint de se débarrasser de ses éventuelles victimes.
En effet, la série de crimes s'étale sur une période de 18 mois et s'arrête brusquement en
juillet 1997, ce qui pourrait correspondre à la durée de séjour des militaires étrangers installés
à la base.
Des précédents ont existé avec des soldats américains basés au Japon ou en Allemagne.
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Re: L’enquête.

Message par Didier le Jeu 23 Mar - 23:44

3) Michel Fourniret :
Lors de l'enquête menée sur « L'Ogre des Ardennes », le Juge d'Instruction, Pierre Pilette,
s'est intéressé à Michel Fourniret, dont l'épouse recrutait des baby-sitters dans le Hainaut ,
afin de s'occuper de leur fils « Sélim ».
Michel Fourniret disposait par ailleurs, dans sa cave, de menottes et possédait en 1996, une
camionnette blanche, semblable à celle identifiée lors des premiers dépôts macabres.
Aucune preuve n'a permis d'établir qu'il était l'auteur des cinq meurtres.
4) Perpignan :
En 1998, une commission rogatoire belge s'est rendue à Perpignan.
Là aussi, dans le quartier de la gare, plusieurs femmes ont été enlevées et dépecées.
Il faut savoir qu'au moment des faits, des sdf de Perpignan, se rendaient souvent à Mons…
Malheureusement, cette piste ne mènera à rien.
5) Le poète montois Alain Duveau :
Ce sont des poèmes macabres et troublants publiés à la « Maison de la Poésie » d'Amay et son
comportement « étonnant » qui auraient attirés l'attention des lecteurs sur ce poète qui se disait
« psy »… Les policiers du SJA de Huy se sont rendus à la Maison de la Poésie d'Amay sur base de
dénonciations des lecteurs. En effet, ces derniers prétendaient que les récits du poète faisaient
étrangement penser au « Dépeceur de Mons ».
Les policiers avaient emporté la correspondance de l'intéressé, un dossier de presse ainsi que
4 recueils de poème, publiés après 1998.
En ce qui concerne les textes macabres, Monsieur Duveau dit « Les avoir écrits après l'affaire du
Dépeceur de Mons mais il ne s'en est jamais inspiré... », « C'est un travail sur moi-même » et
d'ajouter « Ces faits, je les ai trouvés épouvantables, horribles...»
Il sera rapidement disculpé.
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Re: L’enquête.

Message par Didier le Jeu 23 Mar - 23:44

6) Smalje Tulja :
Smalje Tulja alias « Dzurlic », était chauffeur de taxi à New-York. Ce dernier a immigré à New-York
en 1971 avec sa première femme et ses trois enfants pour travailler de jour, comme chauffeur de
taxi et de nuit, comme portier. Il faut savoir que Tulja a un casier bien rempli : 11 arrestations pour
des agressions et une tentative de meurtre. En 1974, il a plaidé coupable pour une tentative
d'assassinat. Huit ans plus tard, il a battu un piéton dans « Midtown » avec une matraque car ce
dernier avait frappé sur le toit de son taxi. Puis sa seconde épouse « Zinka », l'a accusée de l'avoir
jetée depuis une fenêtre, elle fera une chute de cinq étages. Lors du divorce, Mary Beal traduira la
procédure. La justice albanaise le soupçonne également d'avoir assassiné deux autres femmes, dont
sa dernière épouse qui a subitement disparu. En effet, en 2006, la police albanaise a découvert le
corps d'une femme dépecée, flottant à la surface d'un lac situé à « Zall Herr », à 10 miles au nordouest
de Tirana. De plus, aux Etats-Unis, il fut nommé le « Boucher du Bronx », car en 1990, il était
accusé d'avoir tué et découpé en morceaux « Mary Beal ». Cette dernière était une veuve
yougoslave de 61 ans, réfugiée aux Etats-Unis et avec qui Tulja entretenait une relation.
Mary Beal était établie dans le Bronx depuis plus de 25 ans, elle habitait dans le quartier de
« Norwood », il s'agit d'un quartier résidentiel de la classe ouvrière, dans le nord ouest Bronx, New-
York City. Elle exploitait une agence immobilière la « MGB REALTY », et travaillait aussi comme
interprète à mi-temps. Il faut savoir que Mary avait prêté à Tulja la somme de 10 000 dollars afin
qu'il s'achète un appartement, et souhaitait récupérer son argent…
Le 15 septembre 1990, les parties corporelles de Mary Beal seront retrouvées dans 3 sacs-poubelles
noirs éparpillés dans les rues proches du pont de Brooklyn, dans le quartier de « Vinegar Hill », près
de la « Brooklyn Navy Yard ». Tulja avait avoué à sa soeur « Muzafera Klicic » qu'il avait tué Mary
Beal d'un coup de marteau à la tête. Ensuite, il avait pris soin de décapiter la victime et de la priver
de ses mains afin d'éviter une identification trop rapide. Pour découper le corps de Mary, Tulja
aurait utilisé une scie à ruban, une scie à métaux et un couteau.
En perquisitionnant l'appartement de Mary Beal, le sergent « Dennis Singleton » découvrit des
traces de sang. De plus, le taxi de Tulja avait disparu et sur le répondeur de Mary Beal, figurait un
message confus d'une femme en colère, attribué à l'époque à l'épouse légitime de Tulja, qui venait
sans doute de découvrir le « pot aux roses ». Querelle sentimentale ? Dispute à propos de l'argent ?
Interpellé, Tulja se fera arrogant : « Vous ne la retrouverez jamais vivante »...
Par la suite, Muzafera enverra à « Sadija Agovic », la troisième femme de Tulja, une lettre dans
laquelle elle mentionne que son frère est bien le meurtrier de Mary Beal. Cependant, l'avocat de
Tulja exploitera une faille de procédure qui exemptait Muzafera, témoin clé de l'accusation.
En effet, au Monténégro, les membres proches de la famille d'un prévenu peuvent évoquer un
« privilège juridique », afin de ne pas témoigner. Donc, sans le témoignage de Muzafera, il ne
restait plus qu'un tas de « preuves circonstancielles » et un « comportement suspect » à l'époque où
le corps de Mary Beal fut découvert...
La présence en Belgique de Smalje Tulja avait été signalée dès 1995 donc, bien avant que ne débute
l'affaire du « Dépeceur de Mons ». Il fut localisé dans la région de Virton par le sergent
« Dennis Singleton » de la brigade criminelle de North Brooklyn. Apparemment, il fréquentait deux
adresses à Virton et se trouvait régulièrement au domicile d'une amie, en région Verviétoise,
où il aurait même été brièvement hospitalisé. Cette dernière s'appelait « Ranja Kamusovic », elle
avait été déboutée du droit d'asile. Malheureusement, les recherches entreprises à l'époque par le
juge d'instruction Arlonnais, « Mohonval », n'avaient pas permis de le localiser...
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Re: L’enquête.

Message par Didier le Jeu 23 Mar - 23:45

En 1998, le FBI avait indiqué aux enquêteurs de la cellule « Corpus » que le mode opératoire de
Smalje Tulja présentait des similitudes avec celui du « Dépeceur de Mons ». Le juge d'instruction,
Pierre Pilette, avait demandé à ses enquêteurs d'établir un lien entre Tulja et la région montoise.
Cette enquête n'avait abouti à rien… De plus, le juge d'instruction rechignait à envoyer une
commission rogatoire au Monténégro, coûteuse et au résultat incertain.
Finalement, il sera arrêté le 17 février 2007, à l'âge de 67 ans, à « Podgorica », au Monténégro pour
le meurtre et le dépeçage d'une femme en Albanie. Là aussi, plusieurs parties de corps avaient été
placées dans des sacs-poubelle avant d'être jetées dans un lac...
A l'époque la porte-parole de la police albanaise, « Tamara Popovic », avait déclaré que plusieurs
éléments de preuves et des documents avaient été saisis au domicile de Tulja et que ces preuves
pouvaient être reliées aux crimes commis dans les pays étrangers. Malheureusement, suite aux
bavures à répétition de la police albanaise, Smalje Tulja sera uniquement condamné pour le meurtre
de New-York...
Le 22 juin 2008, soit, presque 20 ans après le meurtre de Mary Beal, Smalje Tulja écopera de 12 ans
de prison pour ce meurtre.
Il pourra sortir de prison en 2020...
Malheureusement, cette piste a été vite abandonnée par les enquêteurs belges.
Pourtant, les similitudes avec les meurtres de Mons et le meurtre de Mary Beal sont flagrantes,
mais faute de preuves, Smalje Tulja échappera à une quelconque implication.
En janvier 2011, un journaliste du « New-York Times » qui retraçait l'affaire est venu en Belgique,
persuadé que Smalje Tulja était bel et bien « Le Dépeceur de Mons… ».
Son article est paru le 8 janvier 2012.
7) Le médecin :
En février 2010, Jacques Antoine, un médecin montois, est arrêté pour l'agression d'une jeune
esthéticienne. Les faits se sont déroulés à la « Rue François Dorzée », à Boussu.
Peu avant, des lettres signées par son fils, l'accusaient d'être « Le Dépeceur de Mons ».
Elles avaient été envoyées au juge d'instruction, au procureur du roi et aux policiers mais aucune
preuve ne permit d'établir qu'il était l'assassin.
Chapitre 11 : les ratés de l'enquête :
1) Le bassin de Carmelina présentait une « cicatrice », la trace d'une ancienne opération
chirurgicale. En effet, Carmelina avait été opérée d'un cancer de l'utérus cependant, d'après
ses enfants, Carmelina n'avait jamais subit une telle intervention.
Les policiers français concluront donc qu'il s'agit d'une autre personne et refermeront
le dossier sans réclamer la moindre analyse supplémentaire… De ce fait, le bassin de
Carmelina sera « enterré sous x » du coté de Valenciennes...
En juillet 1997, soit 18 mois après la découverte du bassin, les autorités belges et françaises se
décident enfin à faire expertiser le bassin et arrivent à la conclusion qu'il s'agit bien de
Carmelina Russo.
L'assassin aura eu le temps de tuer à quatre reprises avant que l'on s'intéresse vraiment à
lui…
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Re: L’enquête.

Message par Didier le Jeu 23 Mar - 23:46

2) Deux jours après la découverte des premiers sacs, le tueur a réussi à en disposer un autre au sein
même du dispositif policier déployé à l'occasion de la découverte des premiers sacs. De plus, le
dépôt a eu lieu à proximité du commissariat de police judiciaire de Mons.
On peut donc légitimement s'interroger quant à l'efficacité du dispositif policier !!!
3) En ce qui concerne le crâne de Begonia Valencia, une mauvaise interprétation des légistes va
conduire les enquêteurs à juger l'affaire sans importance. En effet, les médecins légistes
considéraient que le crâne était « vieux d'une trentaine d'années… » Six mois plus tard, la cellule
« Corpus » s'intéresse d'un peu plus près à ce crâne et se rend compte qu'il s'agit d'un crâne d'une
personne « âgée d'une trentaine d'années » , ce qui change tout...
Des analyses supplémentaires seront réalisées et on déterminera qu'il s'agit bien de Begonia
Valencia.
Des fouilles supplémentaires seront entreprises sur la parcelle de terrain située « Chemin de
Bethléem », à Hyon, du 27 avril au 4 mai 1998, les enquêteurs découvriront sept vertèbres
cervicales, une dizaine de dents et des fragments d'os.
Une des vertèbres avait été sciée en deux, à l'aide d'une scie manuelle.
4) Dès le début, l'enquête était orientée sur des « prostituées ». Il faut savoir que le meurtre d'une
« prostituée » provoque peu d'émotion au sein de l'opinion publique. En effet, les citoyens
« lambdas » s'en moquent parce que ça ne les touche pas directement dans leur petite vie tranquille.
Or, la seule prostituée était Martine Bohn et elle avait mis fin à sa carrière en 1982, suite
à son accident de voiture.
Quand bien même, elles auraient toutes été des prostituées, ce n'est pas une raison pour négliger
une affaire aussi sordide.
N'oublions pas qu'il s'agit d'êtres humains!!!
5) A l'époque, tous les médias étaient braqués sur « L'affaire Dutroux » et celle du « Dépeceur de
Mons » est passée au second plan…
Mercredi 19 novembre 1997, il y a eu une émission d' « Appel à Témoins » sur la RTBF.
Malheureusement, cette émission arrivait trop tard, l'effet médiatique était retombé...
6) Le juge d'instruction, Pierre Pilette, avait demandé à plusieurs reprises des renforts
supplémentaires afin de renforcer les effectifs de la cellule « Corpus ».
Le ministre de la justice de l'époque lui avait répondu que c'était une « affaire locale » et qu'il devait
la traiter avec les moyens locaux…
Finalement, le magistrat obtiendra des renforts supplémentaires, mais bien plus tard…
7) Le 17 mars 2003, Jérémie Ketels, un archéologue de 25 ans, qui travaille au site archéologique de
Bavay, avait découvert un crâne humain sur son terrain, situé « Rue de la Chapelle », à Buvignies,
près de Bavay, dans le nord de la France.
Sur le site, se trouvait la ruine d'une ancienne chapelle d'au moins trois siècles, transformée jadis en
petite maison. La maison était abandonnée depuis au moins 20 ans par ses anciens propriétaires.
Dimanche 16 mars 2003, vers 13 heures, Jérémie débroussaillait le dernier carré, au centre du
jardin, lorsqu'il a fait la macabre découverte : un crâne humain, emballé dans un sac plastique à
l'effigie des boucheries belges « Renmans » : il s'agit d'une chaîne de boucheries belges,
associée à la chaîne de magasins « Aldi », qui n'existait à l'époque qu'en Belgique.
D'après Jérémie, qui a l'habitude de manipuler et de dater des corps : « Le crâne devait reposer là
depuis trois ou quatre ans, pas plus. Il ne provenait pas d'une sépulture profanée, la personne devait
être âgée de plus de 50 ans, car ses sutures osseuses étaient refermées, elle devait porter un dentier
car le crâne était dépourvu de dents. Ce crâne devait appartenir à une femme, vu sa taille réduite.
D'après Jérémie : « Ce crâne, totalement décharné, avait probablement été très peu exposé à la
lumière du jour car il était jaunâtre, ce qui signifie qu'il n'a quasiment pas été exposé à l'air libre ».
Et d'ajouter : « Le sac n'était pas vieux, il n'y avait pas de terre dans le sac et, tout autour du lieu de
la découverte, la terre était bien tassée, comme le sont les terrains qui n'ont plus été remués depuis
au moins un an ».
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Re: L’enquête.

Message par Didier le Jeu 23 Mar - 23:46

Les gendarmes avaient, de leur coté, retrouvé une gourmette, portant le prénom d' « Ange-Marie ».
Ils avaient également retrouvé des vêtements, dans la maison en ruine, achetée par Jérémie…
En 2008, lors d'un reportage de la RTBF consacré au « Dépeceur de Mons », le Procureur de la
République, Bernard Beffy, avait été sollicité par rapport à ce crâne. Ce dernier n'excluait pas de
faire réaliser des analyses supplémentaires.
A ce jour, rien n'a été fait...
En France, les analyses de ce crâne ont été négligées car ce dossier n'a jamais été une priorité.
De ce fait, les enquêteurs belges ont abandonné cette piste.
Cool Les témoignages ont été sous-exploités :
- Tout d'abord, plusieurs témoins ont aperçu deux hommes à la « Rue Emile Vandervelde », avant
que ne soient découverts les premiers sacs-poubelle.
Voici leur signalement : le premier homme était mince de visage, portait des cheveux longs et des
moustaches tombantes. Le second homme avait un visage rond.
- Ensuite, dans le cadre de la disparition de Martine Bohn, les enquêteurs recherchaient un homme
aux traits plus fins, portant soit un bonnet, soit un bandeau.
Voici les portraits-robots :
- Dans le cadre de la disparition de Jacqueline Leclercq, l'émission de la RTBF « Appel à Témoins »
avait diffusé en primeur absolue, le portrait-robot d'un homme de 35 ans, mesurant un mètre
septante, cheveux et yeux foncés, teint « sale ou basané ». Sans doute une connaissance de
Jacqueline car, de septembre à décembre 1996, ce dernier s'est présenté chez elle à plusieurs
reprises...
- Jeudi 10 avril 1997, vers 22h50, un témoin, « Monsieur Palmieri », a vu un individu remonter
dare-dare dans une camionnette blanche, qui a filé très rapidement.
La camionnette présentait des vitres arrières occultées par un morceau d'étoffe.
La description de l'individu correspond à l'un des portraits-robots diffusé le 26 mars 1997.
Deux sacs-poubelles au contenu macabre seront retrouvés à cet endroit, deux jours plus tard...
- Pour terminer, en 2001, un couple originaire de la région de Mons s'est souvenu d'avoir vu
« quelque chose », confirmait Dominique Francq, substitut du procureur du roi, en charge du
dossier « Corpus ». Ce témoignage avait fait l'objet de vérifications : « Les faits rapportés étaient
très précis : les témoins revenaient d'une excursion en train et regagnaient leur domicile lorsqu'ils
ont aperçu « quelque chose » sur un des sites où, peu de temps après, des sacs-poubelle furent
retrouvés.
Le couple n'avait pas cru bon d'en informer les enquêteurs jusqu'à la fin de l'année 2001.
Chapitre 12 : pourquoi les assassins découpent les corps en morceaux? :
La première explication est d'ordre purement pratique : découper un corps en morceaux le rend plus
facilement transportable et donc, s'avérer très utile pour quelqu'un qui veut le faire « disparaître »…
La plupart du temps, une mutilation commence par la tête, puis, les bras et enfin, les jambes.
Mais, s'attaquer au tronc d'un corps et le couper en deux est très rare.
Le FBI américain tient des statistiques à ce sujet qui montrent que les auteurs de la découpe
d'un corps « en deux parties » sont souvent très proches de la victime.
Le dépeçage évoque la destruction du corps dans le but de ne pas le retrouver ou alors, dans le but
d'empêcher l'identification.
Il existe un dépeçage pathologique qui « chosifie » le corps, c'est par exemple le cas d' un
schizophrène qui mutile un cadavre parce qu'il est persuadé qu'il recèle « le mal ».
D'autres mutilations de cadavres sont propres aux tueurs en série qui ne sont « pas malades »
mais « organisés ». La mutilation est en quelque sorte leur « signature ».
Le tueur en série « organisé » peut agir par rapport à un « fantasme qui le domine ».
Selon les experts du FBI, les auteurs de meurtres en série gardent souvent des objets et même
parfois des membres. Il s'agit la plupart du temps de membres à connotation sexuelle comme un
téton, un sein, une oreille ou un doigt…
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